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Chroniques  lechinois.com

Mes amis chinois,
des portraits historiques
par
Robert Boudreault


Confucius
(551- 479)

De l'innovation philosophique

Confucius, l'homme politique, comprit que la crise sociale exigeait l'unité culturelle en tant que fondement essentiel de l'unité politico-sociale civilisée. Et l'anthropologue philosophe, préconisa la vie vécue à l'image de l'acte cérémoniel véritable, le rite, comme condition nécessaire et suffisante pour instituer une humanité authentique.

Se préoccupant de la nature humaine de l'Homme, i.e. de sa qualité d'humanité, plutôt que de l'opposition entre les termes individu et société, il chercha donc l'inspiration dans sa propre tradition culturelle de manière à générer une interprétation humanisante et harmonisante pour son époque conflictuelle.

Il innova en infléchissant de manière radicale le sens de certaines expressions : le li, de rite religieux devint un rituel social, junzi, de fils de noble, devint homme de bien, et ren, de bienveillance courtoise, devint bienveillance morale, rectitude ou humanité. Il révolutionna la philosophie politique en ce que désormais, non seulement les concepts sortaient du domaine du sacré et passaient au domaine du profane, ou du royal au personnel, mais aussi que le pouvoir  devait être attribué non pas selon la naissance, mais bien selon le mérite de la personne.




Cette révolution portait aussi sur l'enseignement des Lettrés, lequel n'était désormais plus réservé à l'aristocratie, mais ouverte à toute personne désireuse de devenir un homme de bien.

La rectification des mots devenait donc essentiel pour faire cesser la violence, car lorsqu'un mot est détourné de sons sens, il engendre l'incompréhension. L'incompréhension engendre la méfiance et la méfiance est racine de la violence. Détourner un mot de son sens, c'est engendrer la violence aussi certainement que de dégainer une arme.

Il proposait donc une conception éthique de l'action humaine dans son intégralité et son universalité. Elle réunissait étude, sens de l'humain et les rites en une vision unique de ce qu'est une tradition civilisée, c'est-à-dire une culture. L'Homme avait donc une mission : celle d'affirmer et d'élever toujours plus haut sa propre humanité.

De l'action et du rituel

Les êtres humains deviennent vraiment humains à mesure que leurs impulsions instinctives sont modelées par le rituel, lequel est l'accomplissement de l'impulsion humaine, son expression civilisée – et non pas une déshumanisation formaliste. Le rituel est la forme spécifiquement humanisante de la relation dynamique être humain-être humain.

Nous nous serrons la main non pas en nous tirant la main l'un l'autre de haut en bas, mais par un geste coopératif spontané et parfait. Habituellement, nous ne remarquons pas la subtilité et l'étonnante complexité de cet acte rituel  coordonné. L'authenticité du respect mutuel ne requiert pas que j'éprouve consciemment un sentiment de respect ou que je concentre mon attention sur mon respect pour vous; elle est pleinement exprimée dans l'accomplissement vivant, spontané et correct du geste.

C'est précisément  de cette manière que l'activité sociale est coordonnée dans une société civilisée, sans effort ni planification, mais simplement en faisant au départ, de manière spontanée, le geste rituel dans le contexte approprié.

C'est donc par le biais du rituel, plus que par la parole ou la pensée, que la partie spécifiquement humaine de notre vie est vécue. Le rituel est une événement primaire, irréductible ; le langage ne peut pas être compris s'il est isolé de la pratique conventionnelle dans laquelle il est enraciné de même que la pratique conventionnelle ne peut pas être comprise si elle est isolée du langage qui la définit et en fait partie.

De la qualité de l'action

Un acte peut être vu comme juste, adéquat, droit, si en examinant comment la personne l'accomplit, cela révèle qu'elle traite toutes les personnes concernées comme étant d'une dignité égale à la sienne propre, en vertu de leur participation à toutes deux au rituel.

Voilà pourquoi la première vertu confucéenne est la sincérité, c'est-à-dire l'adhésion entière que la personne donne à l'accomplissement des gestes conventionnels par lesquels elle collabore à l'Ordre universel. Voilà pourquoi la convenance est la seconde, car elle nous invite à pénétrer les choses de façon à pouvoir accorder chaque action avec les données circonstancielles du milieu dans lequel elle se réalise.

Références

ÉtiembleConfucius (Maître K'ONG),  Gallimard, coll. Folio no 40, Paris, 1986, 320 p. Édition revue et augmentée d'un chapitre sur « Confucius en Chine de ‑551(?) à 1985 ».

Fingarette Herbert.  Confucius, du profane au sacré, Presses de l'Université de Montréal, Coll. Sociétés et cultures de l'Asie, 2004, 167p.  Traduit, présenté et commenté par Charles Le Blanc. Au moment où l'auteur publie son étude [1972], aucune traduction moderne des Entretiens n'a été faite par un Occidental qui était aussi un philosophe de profession. Livre d'érudition remarquable. Un livre qui donne le goût de développer plus adéquatement son humanité.

Inoué Yasushi.  Confucius, Stock, Bibliothèque cosmopolite, 1997, 453 p. traduit par Daniel Struve. L'auteur veut  simplement qu'on réfléchisse un peu plus spontanément et plus humblement à ce que ces documents nous apprennent sur les intentions du Maître, à ce qu'ils renferment de présence vivante de celui-ci. Il rappelle également que « Le Maître ne transmettait ni n'imposait un savoir. Il fournissait matière à réflexion … ».

Ryckmans Pierre.  Les entretiens de Confucius, Gallimard, coll. Connaissances de l'Orient no 35, Paris, 1987, 168 p.

Tsai Chih Chung.  Confucius, le message du bienveillant, traduit par Sylvie Grand-Clément et Claude Maréchal, Carthame, coll. Philo Bédé, Fillinges (France), 1993, 150 p. 

Yang Shu'an.  Confucius, Éd. Littérature Chinoise, coll. Panda, Beijing,  1997, 466 p.  traduit par Yang Jun. Biographie présentant Confucius comme homme et non comme une idole, l'homme tel qu'il vivait au quotidien. Surdoué et érudit, il connaissait bien les rites de la haute société, fut un grand intellectuel. L'auteur décrit la présumée rencontre avec Laozi et on assiste au début de la première école publique.

Les Ateliers de taiji

Saint-Nicolas, février 2008.

 

Suggestions de lectures:

1. La philosophie chinoise
2. Un aperçu de l'histoire de Chine
3. Les arts chinois
4. Les coutumes chinoises
5. Le taijiquan et le qigong
6. La littérature chinoise
 

Portraits historiques

1. Confucius
2. Laozi
3. Mozi
4. Sunzi
 


Que l’on s’intéresse à la performance sportive, à la tradition, à la simple conformité gestuelle, à la santé ou aux applications martiales, une stratégie pour acquérir une culture générale du taijiquan comporte un apprentissage de la forme, la maîtrise des principes régissant les gestes et le développement de l’harmonie du mouvement. Cette harmonie requiert une connaissance de la pensée chinoise et de la société qui a donné naissance à cet art martial. À l’heure de la mondialisation, il est pertinent que le taijiquan serve de fondement d’un contrat culturel, car par cette culture de soi on développe sa volonté, on cultive son esprit, on épanouit sa personne et la met au service de la société.

WUMING TAIJI, CONFUCIUS ET LAOZI, VOIE CULTURELLE par commandes postales.
       Wuning Taiji Robert Boudreault



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Dictionnaire du taijiquan
Robert Boudreault
Les Ateliers de taiji. 2007
3ème édition revue
et mise à jour
ISBN 2-9805604-0-5
      

Que signifient les mots Tai, Ji et Quan ? Quels sont les origines et les caractéristiques de cet art martial chinois ? Quels bénéfices peut-on en retirer ?

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Plus qu’une simple technique, le taijiquan est un art de l’esprit, l’esprit d’une tradition et la tradition d’une civilisation. Il est l’expression de l’harmonie de l’intérieur et de l’extérieur, de l’esprit et du corps, de Laozi et de Confucius.
 


Le Dictionnaire du taijiquan n'est plus disponible


Robert Boudreault enseigne depuis 1985, d’abord au Centre Psycho-corporel et à l’Université Laval, puis au Service des Loisirs de la Ville de Lévis, à la Maison des Aînés de Lévis, au Manoir Manrèse de Québec, au Centre de Yoga de Sainte-Foy et à la Fondation québécoise du Cancer.

Depuis 1996, il poursuit un programme de formation continue en arts martiaux internes chinois.


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Première édition 30 juin 2008
Modifiée le 15 février 2016