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MONTAGE EN CADRE DES PEINTURES CHINOISES[1]

     ( Zhuanghuang ou biaohu 裱糊 ou biaohua  裱畫)[2]

 ou

Comment devenir un maître du montage
 ( biaogong
裱工 ou zhuanghuangshi 潢師
)

par Patrick Mansier, Beijing 2003

 

Matériel

- 2 morceaux de papier[i] de riz coréen Gaolizhi  (celui qu’on utilise pour faire les exercices de calligraphie) coupé au moins 8 à 10 cm plus grand que l’objet à monter

- 2 morceaux de papier de riz chinois jingpizhi 净皮纸 (celui qu’on utilise pour la peinture traditionnelle chinoise); Ces morceaux seront d’une taille supérieure d’au moins 4 à 5 cm, à celle de l’objet à monter.

(Sur le rapport entre le type de papier servant de support au dessin et le montage, voir la note[ii])

- 1 morceau de tissu en soie[iii] fine chinoise lingzi 绫子 assez grand pour pouvoir y découper les 4 bandes décoratives qui entoureront le dessin, d’une largeur d’environ 4 à 5 cm.




- 2 larges pinceaux-brossex plats à poil de chèvre, que certains appellent indifféremment paishua  (l’un, utilisé uniquement pour appliquer l’eau, est appelé shuishua 水刷 « brosse à eau » et l’autre, réservé à l’encollage, s’appelle hushua « brosse à colle ». Ces deux outils sont les biens les plus précieux d’un maître du montage. Ils doivent être ni trop usés, ni trop neufs). Les deux brosses doivent être préalablement trempées dans de l’eau avant toute utilisation.

- 1 large brosse plate pour chasser l’air zong(pi)shua 棕皮刷 qui ressemble à un petit balai aux poils assez durs.

- 1 brosse ronde pour chasser l’air

- 1 vaporisateur d’eau

- 1 bol d’eau

- la colle hu (ou jianghu   « pâte, gélatine » est obtenue en mélangeant de la farine de blé avec de l’eau (jusqu’à ce que la farine soit entièrement recouverte) dans une casserole chauffée à feu doux [Pour coller une peinture en couleur il faut protéger les parties colorées de la peinture avec une colle spéciale, plus brillante : mingjiao ]. Attention : la qualité de la pâte est la clé de la réussite du montage : il faut qu’elle soit fine et avec un grand degré de viscosité.

 Plan de travail : 

- On peut utiliser une planche épaisse en bois verni pour le montage (les maîtres chinois travaillent sur une longue table laquée souvent en rouge et appelée da’an 大案). La surface doit être bien lisse pour éviter tout défaut sur le papier (pliures, rides) ainsi que pour empêcher que le montage n’adhère trop à la surface au risque de se déchirer au moment du décollage.

 « Mur » de séchage : 

- Utiliser une porte ou un panneau léger en bois (zhuangban ) pour le séchage. Ceci afin de gagner de la place. On appelle tout type de support pour séchage des montages : des bi « mur », et l’action d’accrocher sur ces supports pour faire sécher: shangbi 上壁 « accrocher au mur ».

Note : Les papiers et soies pour le montage dans un placard ou coffre en bois.

Types de montage :

En fait, chaque sorte de soie décorative (voir note 4) utilisée donne son nom au montage correspondant. La technique peut en effet varier selon la qualité de la soie.

Mais généralement on regroupe les techniques en trois catégories :  

1- Lingbiao « un montage fait avec de la soie fine (lingzi), généralement avec des motifs en formes de nuages : yunchen .

2- Juanbiao 絹裱 « montage exécuté avec de la soie ordinaire dite « juan », assez brute et solide (celle qu’on utilise souvent pour peindre dessus, voir note 4)

3- Zhibiao « montage avec uniquement du papier »


[i]  Il existe plusieurs sortes de papier pour le montage. Généralement on choisit un papier assez fin et relativement ordinaire pour le premier fond du tableau, comme ici le Gaolizhi. Certains préfèrent un papier de qualité supérieure, encore plus souple, à la place du Gaoli : on l’appelle de façon générale mianlian  綿連 (parfois écrit ), à base de fibres de mûrier, produit en Anhui et en particulier à Xuancheng  宣城 d’où le fameux papier xuanzhi qui y est fabriqué. Ici, on propose un papier différent pour monter les fonds supplémentaires (du jingpizhi), un peu plus épais et solide que le Gaoli. Les monteurs chinois préfèrent néanmoins utiliser le même papier pour l’ensemble des fonds. 

[ii] Une peinture ou calligraphie faite elle-même sur papier est appelée zhiben 紙本 (on peut même préciser le type du papier. Par exemple : Gaolizhiben  « peinture exécutée sur papier coréen » etc.). Généralement, on peut les monter directement sans préparation spéciale. Seul les dessins réalisés sur du papier dit « laminé »  (formé de plusieurs couches de fibres), comme le fameux papier jiajiangzhi 夾江紙, produit au Sichuan et très prisé des peintres sur papier, doit être préalablement préparé en l’humidifiant abondamment avant de coller le fond et en continuant de l’humidifier régulièrement durant le séchage pour éviter que les couches ne se séparent les unes des autres. [ Notons que tous les papiers chinois ont un recto (zhengmian  ), plus lisse et parfois brillant, et un verso (fanmian  ) mat et fibreux. On n’encolle que le recto]

 

[iii] Il y a 4 sortes de soies décoratives pour le montage (allant de la plus fine à la plus épaisse) : lingzi 绫子soie fine; luo « mousseline, gaze de soie » ; zhou « crêpe de soie » ; duan « satin ». En ce qui concerne les peintures ou calligraphies qui sont réalisées directement sur de la soie, on les appellera du nom du type de soie utilisée suivi du suffixe ben   :  avec la soie lingàlingben; avec du satin àduanben etc. Il existe une autre sorte de soie, plus ordinaire, généralement brute et solide utilisée pour peindre ou dessiner, appelée juan . Une peinture faite sur ce type de soie est appelée juanben 絹本. Certains utilisent ce dernier type de soie pour les montages.


[1] Le montage en cadre présenté ici est une adaptation du montage traditionnel chinois en rouleau. Il est destiné à réaliser rapidement des encadrements sous verre des peintures ou calligraphies faites sur papier de riz. Il consiste en deux parties : la préparation et le découpage des bandes de soie décoratives qui seront collées tout autour du dessin, et la deuxième phase consiste en la préparation du papier servant de fond au tableau. Les techniques d’encollage, d’humidification, de séchage, de pose et découpage des bandes, sont les mêmes que celles d’un montage en rouleau, mais simplifiées au maximum. Par exemple, on se contente ici de 4 bandes de soie entourant le dessin (au lieu des multiples bandes d’un rouleau chinois) et de même les deuxième voire troisième fonds en papier ne recouvriront que le dessin (en ne le dépassant que de quelques centimètres), contrairement aux fonds supplémentaires d’un montage en rouleau qui sont généralement plus larges que le premier fond.

[2] biao « le montage du devant d’un rouleau de peinture » ; huang « encoller ou humidifier » ; hu « colle » ; hua « peinture ».

 

       

         

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Première édition 25 mars 2004
Modifiée le 11 décembre 2015