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Club cycliste Nordcycle
inc.
Mme Mailloux
(Gilberte): Mon nom est
Gilberte Mailloux, je suis présidente du Club cycliste
Nordcycle inc., club sans but lucratif. Ce sera notre
vingtième année, à l'été 2000, que notre club organise
des randonnées, les randonnées Roméo-Mailloux, nommées
ainsi à la mémoire de son président fondateur.
Est-ce que je lis mon
document?
Le Président
(M. Lachance): Madame, vous
avez toute la liberté du 10 minutes qui vous est alloué,
et je vous rappellerais de nous indiquer le nom de la
personne qui vous accompagne, s'il vous plaît.
Mme Mailloux
(Gilberte): J'ai une personne,
le vice-président, Jean Bourdeau.
Le Président
(M. Lachance): Merci. Alors,
écoutez, c'est ça, vous avez un temps maximum de 10
minutes, et c'est à vous d'en disposer comme bon vous
semble.
Mme Mailloux
(Gilberte): O.K., merci.
Bonjour, mesdames, bonjour, messieurs. Le cyclisme est
un sport grandissant au Québec. Il y a quelques années,
à peu près seuls les enfants utilisaient ce mode de
déplacement, qui était vite relégué aux oubliettes dès
leur arrivée à l'âge adulte.
(14 h 10)
La qualité des
bicyclettes, l'aménagement de pistes cyclables, la
création de clubs de cyclistes, les longues randonnées
organisées, les courses à bicyclette, le fait que de
plus en plus de personnes utilisent ce moyen de
transport pour se rendre à leur travail ont fait en
sorte que le cyclisme est devenu un sport très en vogue
parmi les personnes de tous âges et de toutes conditions
sociales.
Ce succès n'est pas
venu sans efforts de plusieurs groupements et personnes
qui ont inlassablement travaillé à la promotion de ce
sport. Le Club que je représente ici comptait 518
membres en 1999. Depuis sa fondation en 1981, nous avons
toujours encouragé le port du casque protecteur et la
moyenne de membres qui l'ont adopté est passée de 31,7 %
en 1996 à 92,1 % en 1999, et cela, sans contrainte et
sans législation. La sécurité a toujours été une
priorité pour notre organisation. En fait, l'été
prochain, nous avons l'intention de promouvoir
l'installation de systèmes d'éclairage sur les vélos de
façon à ce que le cycliste se fasse plus visible à la
tombée du jour.
Les bureaux de la
statistique, aussi bien celui du gouvernement fédéral
que celui du Québec, n'ont aucune statistique valable
sur le nombre de victimes d'accidents dont les blessures
sont reliées au fait qu'ils ne portaient pas de casque
protecteur. Ceci nous laisse à penser que le nombre de
victimes ayant subi des blessures à la tête suite à des
accidents reliés aux cyclistes alors que la victime ne
portait pas de casque protecteur est peu significatif et
ne justifie pas, à notre avis, une législation qui, nous
le croyons, réduirait considérablement le nombre
d'adeptes de ce sport qui aide les Québécois à maintenir
une bonne santé physique.
Habituellement, les
nouveaux membres de notre Club optent pour le casque
protecteur peu de temps après leur entrée. Nous croyons
qu'une bonne publicité, l'encouragement, l'exemple donné
sont des facteurs beaucoup plus importants pour changer
le comportement des cyclistes que la coercition par voie
de législation. Gilberte Mailloux, présidente du Club
cycliste Nordcycle.
Qu'est-ce qu'on
pourrait dire...
M. Bourdeau
(Jean): J'aimerais rajouter
qu'on fait aussi de l'encadrement pour les randonnées
cyclistes des fondations, et le pourcentage de 90 % est
peut-être une image assez réelle de ce qui se passe dans
les randonnées encadrées: on parle de Louis-Garneau, 2
500 personnes; on parle de Randonnée Tanguay, 5 000
personnes. Le pourcentage de 90 % pour les randonnées
encadrées par des encadreurs et la police reflète quand
même un chiffre assez raisonnable. C'était juste, là,
pour rajouter un peu.
Le Président
(M. Lachance): Merci, M.
Bourdeau et Mme Mailloux. M. le ministre des Transports.
M. Chevrette:
Merci, madame, merci,
monsieur, de nous avoir présenté votre point de vue,
sauf que je constate que c'est un point de vue qui dit
qu'il n'y a pas de bonnes statistiques puis qu'il ne
faut pas légiférer.
Pour être plus
constructifs, pourriez-vous nous dire qu'est-ce qu'il
faudrait faire pour améliorer pour l'ensemble de la
population québécoise, pour en arriver peut-être à des
statistiques comme les vôtres, comme vous avez dans
votre Club? Qu'est-ce qu'il faudrait faire?
Mme Mailloux
(Gilberte): Bien, nous, ce
n'est pas «at large», c'est un Club. Nous, on fait 15
randonnées à tous les étés. Ça va être notre vingtième
année. À chaque randonnée, on compte le monde qui sont à
notre randonnée, puis c'est plus facile compter ceux qui
n'ont pas de casque parce qu'ils ne sont pas nombreux.
Puis on fait beaucoup d'éducation. À chaque randonnée,
on fait tirer un casque de vélo. Puis on parle toujours
à ceux qui n'ont pas de casque, puis on leur met ça dans
la mémoire parce qu'on en parle souvent, à toutes les
randonnées. Je trouve que c'est l'éducation, de
sensibiliser le monde sans les obliger, puis ils
viennent qu'ils s'obligent par eux autres mêmes à en
porter un, casque.
M. Chevrette:
Je pense que les statistiques
en général ne sont vraiment pas bonnes, parce que ça
fait trois groupes qu'on rencontre, je pense, qui sont
contre le port du casque. À les écouter, ils ont tous 80
% et plus. Je ne sais pas comment ça se fait qu'on se
ramasse avec 26 % en moyenne nationale.
Mme Mailloux
(Gilberte): On les compte un
par un.
M. Bourdeau
(Jean): Mais, nous autres, on
les compte un par un.
M. Chevrette:
Pardon?
M. Bourdeau
(Jean): On les compte un par
un, c'est facile. Ha, ha, ha!
M. Chevrette:
Oui, c'est vrai qu'à 128...
M. Bourdeau
(Jean): À 500 ou à 700.
Mme Mailloux
(Gilberte): On est dans les
500.
M. Chevrette:
...à 528 membres, c'est plus
facile à compter, là.
M. Bourdeau
(Jean): C'est ça. Mais, pour
ajouter un peu, moi, j'irais plutôt aux causes. Par
exemple, j'ai ici un résumé du Code de la sécurité
routière. O.K. J'ai pris la police de Québec. Les feux
rouges. Quand est-ce que j'ai vu, moi, un policier
arrêter quelqu'un? Un feu rouge, d'après tel règlement,
c'est...
M. Chevrette:
Vous parlez d'un cycliste, là?
M. Bourdeau
(Jean): Oui, oui, un cycliste.
Donc, ça, c'est une cause. Au niveau du respect du Code,
bien les feux rouges, combien de fois on est en auto,
nous autres...
M. Chevrette:
J'en ai même vu valser devant
un policier, moi, sur René-Lévesque.
M. Bourdeau
(Jean): C'est bien ça.
M. Chevrette:
Il était parti de la troisième
rangée pour couper les trois puis il valsait devant, et
c'est vrai qu'il n'a pas eu de ticket.
Mme Mailloux
(Gilberte): Il y a une
éducation à faire.
M. Bourdeau
(Jean): Et, au niveau du
Code... Comme, par exemple, il y a un autre règlement
ici, on nous dit – ça, je le trouve un peu drôle... Je
vais donner un exemple. Si j'ai une piste cyclable puis,
moi, je suis sur la route, je peux m'arrêter, j'ai une
amende de 15 $ parce que, si j'ai une piste cyclable à
côté, je suis obligé de prendre la piste cyclable.
J'appelle ça de l'ingérence pas à peu près. Il me
semble, je m'en vais, moi, à vélo, je suis content...
M. Chevrette:
Sur la route.
M. Bourdeau
(Jean): Sur la route.
M. Chevrette:
La 132, par exemple...
M. Bourdeau
(Jean): La 132.
M. Chevrette:
...ou 138, la 2.
M. Bourdeau
(Jean): Oui, mais là c'est
beau, la 132, à cause du ministère des Transports, ils
ont mis un accotement. On peut faire facilement
Neuville–Trois-Rivières, une très belle balade, très
sécuritaire parce qu'on a un accotement d'environ un
vélo et demi, et ça, je pense que c'est nouveau. Les
routes du Québec devraient toutes avoir des accotements
comme ça, puis on serait gras dur. Vrai ou pas vrai? Ça
serait une très belle initiative.
M. Chevrette:
Mais là où il n'y a pas
d'accotement, êtes-vous d'accord que les vélos puissent
circuler allégrement sur les routes?
Mme Mailloux
(Gilberte): Bien, c'est
difficile.
M. Bourdeau
(Jean): Moi, je suis plus un
gars qui va sur la route que les pistes cyclables. C'est
drôle, hein? Je trouve ça moins dangereux sur la route,
entre parenthèses, que sur les pistes cyclables.
M. Chevrette:
Qu'est-ce qui se passe sur vos
pistes cyclables?
M. Bourdeau
(Jean): Il y a beaucoup de
monde. C'est populaire. Les cheminots, 4 000, 5 000
personnes de pointe. La ville de Québec sûrement tout à
l'heure va vous le dire, ils ont des pointes de 5 000
personnes. Alors, si vous acceptez sur une piste
cyclable chaises roulantes, piétons, patins à
roulettes...
Mme Mailloux
(Gilberte): Carrosses.
M. Bourdeau
(Jean): ...vélos, carrosses,
ça prend une certaine éducation pour dire: Je prends ma
place, puis l'autre prend sa place, puis tout le monde
prend sa place.
M. Chevrette:
Mais prenez la ceinture de
sécurité. On a fait de la sensibilisation, vous
rappelez-vous, On s'attache au Québec , et tout
le kit, puis ça a plafonné aux alentours de 35 %. Puis,
à un moment donné, il y a eu du coercitif. Là, ça a
monté à 80 %, 90 %, 95 %, 97 %, puis aujourd'hui c'est
devenu une habitude de sécurité. Il y a un réflexe même
pour la sécurité; on s'attache automatiquement.
Mme Mailloux
(Gilberte): Mais ce n'est pas
venu du jour au lendemain, ça.
M. Chevrette:
Je n'ai pas dit ça, non plus.
Mme Mailloux
(Gilberte): Il y a eu une
éducation. Il faut préparer le monde avant de les
actionner.
M. Chevrette:
Il y a eu des annonces, mais
je vous ai dit... Je reprends ce que j'ai dit. Ça a
plafonné à 35 % après toutes les campagnes de
sensibilisation. Ça, c'est à travers le monde; c'est une
règle qui est généralisée, ça. À travers le monde, les
campagnes de sensibilisation, d'information, d'éducation
plafonnent entre 30 % et 40 %. Après ça, il faut que ce
soit doublé d'un coercitif si on veut que ça progresse.
On est à 26 %, me
dit-on, la règle actuelle du port du casque. Il y en a
un qui est venu plaider le confort du non-port du casque
ce matin, mais, quand on est dans un régime où la
société paie y compris tes salaires, tes pertes de
salaires, tes pertes d'autonomie, tes pertes de
jouissance de la vie, puis c'est toute la société qui
paie ça, est-ce qu'il n'y a pas une opposition entre la
liberté individuelle puis le droit collectif de se
donner quelque chose dans un régime?
M. Bourdeau
(Jean): Je vais vous répondre
par une autre question.
M. Chevrette:
Bien, vous avez le droit,
mais...
M. Bourdeau
(Jean): Jusqu'où va
l'ingérence du gouvernement? À un moment donné, il y a
un risque inhérent à toute chose.
M. Chevrette:
Oui, mais vous me répondez:
Quel est le rôle de l'ingérence? Mais jusqu'où la
liberté individuelle peut aller aussi quand c'est le
collectif qui paie? Les coûts sociaux... Un jeune de 18
ans ou de 16 ans se fait frapper, 18 ans. Il gagnait, je
ne sais pas, 35 000 $ par année. Il est invalide le
reste de ses jours, il est paraplégique. Qui va payer?
C'est le régime que tout le monde paie.
M. Bourdeau
(Jean): Oui, en auto aussi.
M. Chevrette:
Est-ce que tout ce monde-là ne
peut pas fixer les règles du jeu pour encadrer la
liberté individuelle? Parce que c'est le collectif qui
paie pour vous.
M. Bourdeau
(Jean): Au niveau de
l'automobile, c'est la même chose, à ce que je présume?
M. Chevrette:
Oui, c'est pour ça que je dis
ça.
M. Bourdeau
(Jean): Si c'est la même chose
au niveau de l'automobile...
Mme Mailloux
(Gilberte): Mais, à ce
compte-là, tu peux te blesser en sortant de chez vous.
M. Chevrette:
Pardon?
Mme Mailloux
(Gilberte): Tu peux te blesser
en sortant de chez vous.
M. Chevrette:
Ah! bien sûr. Bien sûr, mais
en sortant de chez vous...
Mme Mailloux
(Gilberte): Tu n'es pas exempt
de ça.
M. Chevrette:
...vous allez avoir une
assurance personnelle contre les recours civils. Je veux
dire, quelqu'un va rentrer chez vous, va s'enfarger dans
votre marche d'escalier, vous avez une assurance
responsabilité civile. Mais, dans le domaine des
accidents de la route impliquant tout véhicule, c'est la
pitance de chacun qui fait qu'on paie pour un individu.
Est-ce qu'on ne peut pas un petit peu encadrer la
liberté de l'individu? Parce que, si tout le monde
faisait ça, ça serait l'anarchie. Si tout le monde
faisait ce qu'il veut bien faire, faudrait arrêter puis
revenir à ce qui existait antérieurement: Prenez-vous
une assurance personnelle. Et vous savez qu'est-ce que
ça fait, ça? Ça revirerait quasiment tout en procès.
Mme Mailloux
(Gilberte): Ça ferait
travailler du monde.
M. Chevrette:
Puis vous payez 25 %, 30 %
d'honoraires professionnels à des avocats. Ça prenait
deux, trois ans pour te faire payer, puis tu étais
obligé d'être sur l'aide conditionnelle de la sécurité
du revenu ou de l'aide sociale. Vous ne croyez pas qu'il
y a un encadrement nécessaire du collectif par la
population, par l'État?
M. Bourdeau
(Jean): Moi, au niveau de la
réglementation, là, je ne suis pas trop fort sur ça.
M. Chevrette:
Vous n'êtes pas fort
là-dessus.
M. Bourdeau
(Jean): Moi, non, parce que, à
un moment donné, c'est règlements par-dessus règlements.
(14 h 20)
M. Chevrette:
Mais, si vous aviez un
accident, monsieur...
M. Bourdeau
(Jean): Ça ne finit pas. Le
casque, pour moi, là, est partie inhérente de mon
équipement. Moi, je le mets toujours. Je ne me pose pas
la question. O.K.? Je ne me pose pas la question. Je
mets mon casque. Je m'en vais en vélo, je m'en vais sur
toutes les routes, dangereuses, pas dangereuses, pleines
de trous, pas de trou, et je n'ai pas de problème avec
ça.
C'est comme quelqu'un,
il y a deux, trois ans – je vais vous donner un exemple,
là – il a eu un accident, il a freiné trop brusque, il a
passé par-dessus son vélo, il avait un casque. La
personne est paraplégique, je pense que ça a été en cour
en plus, etc., dans une randonnée Louis-Garneau. Donc,
c'est soit une distraction, c'était dans le 30 km/h, 35
km/h; la personne a freiné trop brusque, a passé
par-dessus, a tombé – colonne cervicale – et a des
problèmes.
M. Chevrette:
Rupture...
M. Bourdeau
(Jean): Là, c'est une
négligence. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise?
Mme Mailloux
(Gilberte): Oui, mais dans des
grands rendez-vous de même...
M. Bourdeau
(Jean): Ça fait partie du
risque...
M. Chevrette:
Oui, mais une dernière petite
question.
M. Bourdeau
(Jean): ...et puis ce n'est
pas une course.
M. Chevrette:
Prenez votre personne,
l'exemple que vous venez de donner.
M. Bourdeau
(Jean): Puis elle avait un
casque, tout simplement.
M. Chevrette:
Non, non, mais, casque ou pas
casque, là...
M. Bourdeau
(Jean): Oui.
M. Chevrette:
...prenez la personne à qui
l'accident est arrivé.
M. Bourdeau
(Jean): C'est ça.
M. Chevrette:
S'il n'avait pas eu de casque,
par exemple, encore là, les gens auraient pu dire,
véritablement – puis ce n'est peut-être pas vrai non
plus, là, mais les gens auraient pu le dire: S'il avait
eu un casque, il n'aurait pas eu ce qu'il a eu.
M. Bourdeau
(Jean): C'est ça.
M. Chevrette:
Sauf que cette personne-là, si
elle a 18 ans ou 20 ans, je ne sais pas, c'est qui qui
paie pour elle jusqu'à la fin? Elle a la liberté ou pas
de porter son casque.
M. Bourdeau
(Jean): Bien d'accord.
M. Chevrette:
Est-ce qu'on pourrait avoir la
liberté de payer ou pas pour son indemnité? Voyez-vous
le pendant de quelque chose? Je veux vous faire
réfléchir sur le pendant d'un geste. Tu peux être libre
de faire ça, mais est-ce que tu peux forcer le monde à
payer pour toi qui veux avoir une liberté ou si tu vas
exercer une certaine forme de responsabilité personnelle
vis-à-vis d'un groupe qui, lui, est responsable
vis-à-vis de vous? C'est juste ça que je veux dire. Vous
comprenez ce que je veux dire?
M. Bourdeau
(Jean): Oui, oui, je le
comprends.
M. Chevrette:
On ne peut pas avoir le
meilleur de tous les mondes sous prétexte qu'on a une
liberté individuelle, sinon les autres n'auront pas à
payer pour vous.
M. Bourdeau
(Jean): Il faut l'avoir de
temps en temps.
M. Chevrette:
On pourrait regarder ça sous
un angle. Ça pourrait être un deal qu'on propose à ceux
qui se conforment aux normes de sécurité, ça: ne pas
payer pour ceux qui ne veulent pas.
Le Président
(M. Lachance): Merci, M. le
ministre. M. le député de l'Acadie et porte-parole de
l'opposition officielle, vous avez la parole.
M. Bordeleau:
Merci, M. le ministre. Ah! M.
le ministre... M. le Président.
Des voix:
Ha, ha, ha!
M. Bordeleau:
Écoutez, je pense que le
message que vous nous envoyez, au fond, est semblable à
celui qu'on a eu ce matin d'un autre club de vélo, qui
s'appelle l'agence de voyages Explo Tour, qui avait
sensiblement les mêmes statistiques et le même message,
c'est-à-dire que vous proposez des mesures qui sont des
mesures incitatives et vous arrivez avec les résultats
que vous nous avez donnés: 90 % des gens qui font du
vélo dans nos activités portent le casque. C'était la
même chose ce matin. Les nombres étaient plus grands, je
pense qu'on parlait de 3 000, et c'est à peu près les
mêmes proportions: 80 %, 90 %.
Ce que ça nous dénote,
au fond, c'est que, dans certaines conditions, la
promotion apporte des résultats qui sont différents de
ce qu'on peut observer de façon générale. Et, encore une
fois, les statistiques qu'on a mentionnées puis
auxquelles le ministre fait référence sont des
statistiques générales qui s'appliquent à l'ensemble de
la province. On parle du 26 %, 27 %, et c'est comme si
on devait prendre pour acquis, là... Parce que c'est ça,
le message qu'on nous donne, c'est que 26 %, 27 %, ce
n'est pas possible d'aller plus haut que ça, alors que
ça ne me paraît pas évident que ce n'est pas possible
d'aller plus haut que ça si on adopte d'autres genres
d'approches à cette problématique-là avant de penser à
celle de la législation. Si je comprends bien, c'est le
message un peu que vous nous envoyez aussi.
Puis la preuve de tout
ça, c'est que, dans les données qu'on a dans le livre
vert, on a des différences régionales importantes.
Pourtant, on est dans la même province. Les gens ont été
soumis aux mêmes campagnes de publicité. Dans certaines
régions, on a des pourcentages de 15 % puis, dans
d'autres régions, de 40 %, 48 % dans l'Outaouais, où les
gens portent le casque. Donc, ce n'est pas vrai de dire
qu'avec une approche de promotion – parce que c'est ce
qu'on a fait à venir à date, plus ou moins bien, on peut
en discuter – ça plafonne à 26 %. Il y a des régions où
c'est 48 %. Il y a des groupes qui participent à des
activités et qui arrivent à des proportions de port du
casque de 80 %, 90 %.
Mme Mailloux
(Gilberte): Mais ce n'est pas
dans le même contexte. Nous autres, c'est un groupement.
On est accompagné par la police, puis on incite tout le
temps le monde à porter le casque, puis tout ça. Ce
n'est pas comme le monde qui se promène dans la rue.
Moi, là, dans notre Club, ceux qui me disent qu'ils ne
porteront jamais le casque, ils ont dit: On va arrêter
d'en faire si ça devient obligatoire. Tu dis au monde:
Amusez-vous, allez jouer dehors, mais tu leur mets des
restrictions.
M. Bordeleau:
Est-ce que vous avez eu
l'occasion, dans les gens qui ne veulent pas porter le
casque, de comprendre pourquoi ils ne veulent pas le
porter? Tout à l'heure, monsieur faisait référence aux
causes.
Mme Mailloux
(Gilberte): Parce que c'est
trop chaud.
M. Bordeleau:
Mais les causes de ça, les
causes du refus de porter un casque, c'est quoi?
Mme Mailloux
(Gilberte): Il y en a qui
disent que c'est trop chaud, d'autres qui disent: Ah! on
se fait tout décoiffer, les madames en particulier. Ils
ont des bonnes raisons. Ils ont tous leurs raisons, mais
on va les avoir à l'usure. On monte tout le temps, là.
M. Bordeleau:
Moi, je serais curieux... Ah!
le ministre... Je vais attendre que le ministre revienne
là-dessus. Il y a une question aussi de savoir à quel
moment... vous y avez fait référence, là, jusqu'où on se
rend dans l'intervention législative de l'État par
rapport à des comportements individuels et quand on
arrête.
Le ministre fait
référence aux coûts sociaux. C'est vrai qu'il y a des
coûts sociaux, mais, dans le domaine de la santé, ceux
qui se nourrissent mal, on ne leur a pas fait des
règlements pour leur dire comment se nourrir. On fait
des campagnes de promotion, on essaie d'expliquer c'est
quoi, les dangers. L'inaction pose des problèmes aussi
aux individus, d'obésité, puis avec toutes les
conséquences que ça peut avoir sur la santé.
L'utilisation de boisson, évidemment, on le fait avec
modération, même le gouvernement en vend. Il s'agit de
savoir comment les gens sont utilisés. On n'a pas
toujours des approches avec des contraintes législatives
qui encadrent tout le monde.
Dans le cas du port du
casque, je suis d'accord avec le ministre qu'il peut y
avoir des événements déplorables, des décès qui peuvent
être dus... puis là ça resterait à cerner encore d'une
façon peut-être plus précise pour voir dans quel
contexte exactement et combien sont... parce que vous
avez illustré un cas, là: casque ou pas casque, la
personne s'est cassé le cou.
Mme Mailloux
(Gilberte): Mais c'est minime.
M. Bordeleau:
Alors, ce n'est pas
nécessairement dû au port du casque ou non. Il y a des
cas comme ça qui sont véridiques. Mais le moyen qu'on
peut prendre, qu'il nous reste à prendre, ce n'est pas
nécessairement seulement le moyen législatif avec une
obligation. Et la preuve, c'est que le groupe de ce
matin, vous autres, et il y en aura probablement
d'autres qui vont venir nous le dire: Écoutez, nous, on
n'est pas pour l'obligation du port du casque. Ce n'est
pas des gens qui ne le portent pas, c'est des gens qui
le portent à 90 %. Mais ce qu'ils nous disent comme
message, c'est que ce n'est pas vrai que c'est la seule
façon de faire. On peut mettre en doute, en tout cas on
peut au moins se questionner sur le fait que le 26 %
qu'on a atteint, c'est infranchissable, qu'il n'y a plus
d'autres moyens d'aller plus haut que ça.
Tout à l'heure,
j'attendais que le ministre soit de retour, mais
j'aimerais savoir si on peut nous déposer, à la
commission, les investissements qui ont été faits au
cours des dernières années pour des campagnes de
publicité strictement axées sur le vélo et le port du
casque. J'aimerais ça aussi qu'on nous donne l'argent
qu'on a investi au cours des dernières années sur la
campagne de l'alcool au volant. Alors, ça nous donnera
peut-être des choses...
M. Chevrette:
On pourrait remettre trois
choses, là.
M. Bordeleau:
Oui.
M. Chevrette:
Les investissements pour
l'autoroute verte, les pistes cyclables un peu partout à
travers le Québec; l'argent pour la promotion du port du
casque et la sécurité à vélo; puis l'argent pour les
annonces publicitaires pour l'alcool au volant.
M. Bordeleau:
Parfait. Alors, ça nous sera
déposé en commission?
M. Chevrette:
Oui.
M. Bordeleau:
O.K. Essentiellement, c'est
ça. Moi, je suis assez sensible à ce que vous nous dites
comme approche. Bien qu'on fasse le même diagnostic, il
y a des cas déplorables. On n'arrive pas nécessairement
à la même conclusion sur les moyens à prendre même si on
a le même objectif, c'est-à-dire de faire en sorte que
le port du casque soit le plus répandu possible, excepté
que c'est comment le faire et en fonction de quel
contexte. Alors, moi, je n'ai pas d'autres commentaires.
(14 h 30)
Mme Mailloux
(Gilberte): Ceux-là qui ne le
portent pas, ils disent: Le gouvernement est à la veille
de nous dire tout quoi faire, comment s'habiller, même
la couleur de nos bobettes, là. Eux autres, là, ils ne
le porteront jamais. Ils ne veulent rien savoir. Si
c'est une loi, eux autres, ça ne marchera pas, leur
affaire. Ils vont arrêter...
M. Chevrette:
Ça peut être vrai – si M. le
député de l'Acadie me permet – ce que vous dites,
madame.
Mme Mailloux
(Gilberte): Mais je l'entends.
M. Chevrette:
Mais suivons la même logique.
Quelqu'un qui dit ça, est-ce qu'il peut avoir la
liberté, par exemple, de ne pas demander à une société
de payer pour lui à perpète?
Mme Mailloux
(Gilberte): Bien, quand il dit
ça...
M. Chevrette:
Il faut être logique. On ne
peut pas vouloir une liberté totale, et vous le savez
très bien vous-même, puis demander à d'autres citoyens
de payer pour toi, par exemple. Là, tu mettras non
seulement la couleur de bobettes mais l'accoutrement que
tu voudras, mais ce n'est pas eux autres qui vont payer
pour vous autres toute votre vie. C'est différent, ça.
Mme Mailloux
(Gilberte): Quand ils ont ce
raisonnement-là, ça va avec ce que vous dites. Quand tu
raisonnes de même, ça veut dire que tu ne penses pas
plus loin. C'est leur petit moi.
M. Chevrette:
Je pense que la promotion...
effectivement. Merci.
Le Président
(M. Lachance): Alors, merci,
madame, monsieur, pour votre présence à cette commission
parlementaire.
Mme Mailloux
(Gilberte): J'espère qu'il va
y avoir une continuité.
Le Président
(M. Lachance): On verra.
(Changement
d'organisme)
Le Président
(M. Lachance): J'invite les
représentants de Équiterre et Vivre en ville à bien
vouloir prendre place, s'il vous plaît.
Ce sont les mêmes
règles qui s'appliquent que pour le groupe qui vous a
précédés, alors 10 minutes de présentation et 20 minutes
d'échanges. Alors, j'invite le porte-parole à bien
vouloir s'identifier ainsi que les personnes qui
l'accompagnent.
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