Comment interpréter le Yijing chinois

(Yi Jing, I Ching, Yiking, Yijing, Yi King, Yih-king)
Livre des mutations, Livre des Oracles, Livre de sagesse,
Le classique des mutations.


Comment interpréter le Yijing chinois.
La préface de Carl Gustav Jung 08

Cependant je suis embarrassé d’avoir à faire appel à la bonne volonté et à l’imagination du lecteur, en tant que je dois l’introduire dans l’obscurité d’un rituel magique d’âge vénérable. Je ne suis malheureusement que trop conscient des arguments que l’on peut utiliser contre lui.

Nous ne sommes même pas certains que le navire qui doit nous mener sur des mers inconnues ne fait pas eau en quelque endroit. Le vieux texte ne peut-il pas être corrompu ? La traduction de Wilhelm est-elle fidèle? Ne nous sommes-nous pas abusés nous-mêmes dans nos explications ?

D’un bout à l’autre de l’ouvrage, le Yi Jing insiste sur la connaissance de soi. La méthode suivant laquelle ce résultat doit être obtenu ouvre la voie à toutes sortes d’abus, et elle n’est donc pas faite pour des esprits frivoles ou manquant de maturité ; elle n’est pas non plus destinée aux intellectualistes et aux rationalistes.

Elle ne convient qu’à des gens de pensée et de réflexion qui aiment à méditer sur ce qu’ils font et sur ce qui leur arrive, tendance qu’il ne faut pas confondre avec la rumination morbide de l’hypocondriaque. Comme je l’ai indiqué plus haut, je n’ai pas de réponse à apporter à la multitude des problèmes qui se présentent lorsque nous cherchons à harmoniser l’oracle du Yi Jing avec nos canons scientifiques reçus.

Mais inutile de le dire, point n’est besoin d’introduire des facteurs " occultes ". Ma position en cette matière est pragmatique, et les grandes disciplines qui m’ont enseigné l’utilité pratique de ce point de vue sont la psychothérapie et la psychologie médicale. Il n’est sans doute aucun autre domaine où nous devions compter avec tant de grandeurs inconnues et nulle part ailleurs nous ne nous habituons à ce point à adopter des méthodes dont l’efficacité est indéniable lors même que nous en ignorons longtemps le mode d’action. Des cures inattendues peuvent naître de thérapies discutables, et des méthodes réputées dignes de confiance peuvent conduire à des échecs surprenants.

Dans l’exploration de l’inconscient nous tombons sur des choses étranges dont le rationaliste se détourne avec horreur, prétendant après coup qu’il n’avait rien vu du tout. La plénitude irrationnelle de la vie m’a appris à ne jamais rien rejeter, même si cela va contre nos théories (lesquelles, en mettant les choses au mieux, ont une existence si brève !), ou n’admet par ailleurs aucune explication immédiate. Cela est évidemment inquiétant et il n’est pas certain que la boussole indique la bonne direction ; mais la sécurité, la certitude, la tranquillité ne conduisent pas à des découvertes. Il en va de même du mode chinois de divination. Manifestement la méthode mène à la connaissance de soi, bien qu’à toutes les époques on en ait également fait un usage superstitieux.

Je suis, bien entendu, pleinement convaincu de la valeur de la connaissance de soi, mais est-il bien utile de recommander un tel savoir, quand à travers tous les siècles les hommes les plus sages en ont prêché sans succès la nécessité ? Même pour l’œil le plus bigle, il est évident que ce livre représente une longue exhortation à scruter soigneusement notre caractère, nos attitudes, nos mobiles.

Cette disposition trouve en moi une résonance et m’a incité à entreprendre cette préface. Jusque-là je ne m’étais exprimé qu’une seule fois à l’égard du problème du Yi Jing : c’était dans un hommage à la mémoire de Richard Wilhelm Il.

Le reste du temps j’avais observé un silence plein de discrétion. Il n’est nullement facile d’entrer dans une mentalité aussi lointaine et aussi mystérieuse que celle dont émane le Yi Jing. On ne peut guère d’autre part traiter par le mépris de grands esprits comme Confucius et Lao Zi, si l’on est capable d’apprécier la qualité des pensées qu’ils représentent. On peut encore moins omettre de voir que le Yi Jing fut leur principale source d’inspiration. Je sais que je n’aurais pas osé, dans le passé, m’exprimer de façon si explicite en une matière si incertaine. Je prends ce risque parce que je suis maintenant dans ma huitième décennie et que les opinions changeantes des hommes ne m’impressionnent plus : les pensées des vieux maîtres ont pour moi plus de valeur que les préjugés philosophiques de l’esprit occidental.




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