Résumé:Comme nous l'avions déjà constaté à propos de l'article de NACKEN, l'article ici traduit (« Chinese Hawkers, in The Journal Of China, Volume XXI, december 1934, Shanghai, pp. 271-277 ») est un des rares articles occidentaux entièrement consacrés aux colporteurs chinois. Nous tenons à préciser que ce deuxième article concerne la ville de Shanghai. En effet, à aucun moment l’auteur ne précise le lieu de ses observations mais grâce aux légendes qui accompagnent les photographies situées en fin de l’article original, nous pouvons être certains qu’il s’agit bien de Shanghai et de ses environs.
Afin de faciliter la compréhension de certains passages, nous avons choisi d’introduire des caractères chinois (police utilisée : arial unicode ms) suivis de leur transcription (pinyin) et quelques notes de bas de pages reconnaissables par leur position entre crochets. Les autres signes tels que les guillemets, les parenthèses et l’utilisation de l’italique sont à attribuer à l'auteur. Bonne lecture...
John Bunyan est sans aucun doute le plus célèbre rétameur ambulant que le monde ait connu. Pourtant, il semble quelque peu injuste de faire une telle déclaration car ce n’est pas grâce à son talent de rétameur qu’il devint mondialement célèbre. En effet, l’humilité de sa vocation fut peut-être la raison pour laquelle les gens se tournèrent vers ses œuvres avec étonnement. Les temps changent et, bien que les rétameurs itinérants ne parcourent plus les rues de Bedford, si nous devions nous installer au coin d’une rue ensoleillée de Chine, nous n’attendrions pas longtemps avant d’entendre le fameux « ting-tink, ting-tink » du rétameur lorsqu’il déambule, portant sur ses épaules, suspendus aux extrémités de sa perche, son four portable et l’attirail complet pour réparer casseroles et poêlons, ou pour s’acquitter des innombrables petites tâches qui incombent à son sort.
Laissons de côté le cas du rétameur, car la Chine regorge d’artisans itinérants et de vendeurs de rues, à tel point qu’il n’existe probablement aucun pays au monde qui puisse rivaliser en nombre ou en variété d’articles offerts à la vente. Ils doivent certainement se situer sur le plus bas barreau de cette échelle, au sommet de laquelle, métaphoriquement parlant, reposent nos renommés « Merchant Princes ». Généralement, ils ne sont même pas sur le plus bas barreau, mais ne demandent pas mieux que de rester sur le sol, leurs marchandises éparpillées, exposées aussi bien aux regards des passants qu’à la poussière de la rue. Tandis que quelques-uns resteront assis toute la journée derrière leur petit stock de marchandises et ne prononceront pas un mot avant l’arrivée d’un acheteur, les autres, jamais silencieux, accroupis, scanderont une chanson sans fin qui vante la qualité de leurs marchandises.
Malgré l’immense diversité des articles qu’ils ont à vendre, on peut aisément les ranger dans trois classes : la première, la plus importante, comprenant les vendeurs de nourriture et de boissons ; la seconde, les vendeurs d’articles allant des pièces de soie et satins aux écrous et boulons, à la manière des anciens colporteurs ; et pour finir les vendeurs de « services » (bien que ce terme ait une connotation moderne) tels que notre ami le rétameur, l’écrivain public, le cordonnier, le diseur de bonne aventure ou l’homme qui répare si adroitement les tasses cassées.
Peu de Chinois cuisinent bien. Même le riz, qui constitue
leur nourriture de base est rarement bien cuit, et jamais de
la même manière. De plus, beaucoup de Chinois, loin des
champs et des villages, remplacent les bêtes de somme et ne
savent jamais exactement où ils seront lorsque l’heure du
repas sonnera, ou lorsque la faim se fera ressentir. En
outre, la préparation de beaucoup de mets de choix que les
basses classes préfèrent nécessite des appareils spéciaux ou
l’utilisation d’une huile spéciale. Par conséquent, bien que
le prix de cet équipement ou de cette huile soit très bas,
la plupart de ces gens sont si misérablement pauvres qu’il
ne leur viendrait pas à l’esprit de s’acheter cet équipement
ou la quantité d’huile nécessaire pas plus qu’il ne nous
viendrait à l’esprit d’acheter l’avion qui transporte notre
courrier. Comme nous pouvons nous y attendre, il y a un
commerce assez prospère autour de ces cantines, ou ce qui
passe pour tel, parmi les personnes qui ont à vivre la plus
grande partie de leur vie avec un ou deux dollars (or) le
mois. Effectivement, les entreprenants « seeaw-faih » [ 小 販
xiao fan] s’emparent d’un large pourcentage de ce marché.
Voici un homme qui transporte avec lui un restaurant en
plein air. Ses méthodes, jugées selon les standards des arts
de la vente moderne, sont assez correctes. Il vend aux gens
ce qu’ils aiment, il est à leur disposition et le service
est très rapide. C’est certainement pour la simple raison
qu’il transporte son restaurant avec lui sur l’épaule et
l’installe juste à côté de ses « prospects »
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Première édition 25 avril 20045
Modifiée le
07 September 2007