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rapaillé continue d'être lu. Jacques Brault,
Gilles Vigneault sont encore là, ils n'ont pas abandonné leur idéal.
À la veille du référendum, j'ai assisté à des scènes émouvantes:
là où passaient Gilles Vigneault ou Gaston Miron, ils étaient
salués par des applaudissements délirants. La poésie du pays a
porté ses fruits. L'idéal répandu par la poésie du pays a porté
ses fruits. Cette évolution est irrévocable. Quelle que soit la
personne au pouvoir, on ne saurait ignorer la volonté des
Québécois.
Le
problème actuel c'est qu'il ne faut pas oublier la "poésie du
pays", cette page glorieuse de l'histoire littéraire du Québec.
Miron a de bonnes raisons de déclarer: "Céline disait 'la
défaite en tout c'est d'oublier'. Et moi je dirais que le comble de la
défaite ce serait la honte d'avoir lutté pour la liberté. D'oublier
ce que nous avons fait, d'oublier que nous sommes un peuple, d'oublier
la fierté et la dignité qui nous ont portés et qui sont toujours
là, même si elles sont silencieuses".
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